Endoscopy 2014; 46(02): 260
DOI: 10.1055/s-0034-1367516
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Commentaire de travail de Alvarez Herrero L et al., pp. 98

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Publication Date:
26 February 2014 (online)

 

Lorenza Alvarez Herrero, Wouter L. Curvers, Raf Bisschops, Mohammed A. Kara, Erik J. Schoon, Fiebo J. W. ten Kate, Mike Visser, Bas L. A. M. Weusten, Jacques J. G. H. M. Bergman. Narrow band imaging does not reliably predict residual intestinal metaplasia after radiofrequency ablation at the neo-squamo columnar junction.

Commentaires: Edouard Chabrun, Laurent Heyries, Gilles Lesur, Laurent Palazzo, Gabriel Rahmi

La radiofréquence œsophagienne est un traitement indiqué pour détruire les lésions dysplasiques sur endobrachyoesophage (EBO). Il est important de s’assurer du caractère complet de la destruction des lésions après radiofréquence et de l’absence de récidive de la dysplasie et/ou de la métaplasie intestinale grâce à un suivi endoscopique régulier. Une des zones les plus difficiles à analyser pour dépister une métaplasie intestinale résiduelle est la “nouvelle” jonction œsogastrique définie par la limite entre le néo-épithélium malpighien du bas œsophage et l’épithélium glandulaire du haut des plis fundiques.

Herrero et al. ont évalué l’intérêt de la chromoendoscopie par NBI, sans puis avec l’utilisation du zoom, dans le dépistage de la métaplasie intestinale au niveau de la jonction œsogastrique chez des patients traités par radiofréquence pour un EBO dysplasique. Dans cette étude, la suspicion de MI en NBI se traduisait par la mise en évidence de glandes avec un aspect tubulaire (branché ou non) ou villeux; alors que des glandes petites arrondies et régulières évoquaient la présence d’une muqueuse cardiale normale. L’interprétation de 21 images sans zoom et de 83 images avec zoom sur les 4 quadrants de la jonction (double analyse in vivo et 4 relectures des images) a été réalisée chez 21 patients. L’analyse histologique a montré la présence de MI chez 5 patients (24 %) et pour 9 biopsies de la jonction œsogastrique (11 %). La précision diagnostique du NBI sans zoom et avec zoom était respectivement de 51 % ([39 – 63] IC 95 %) et 26 % ([17 – 37] IC 95 %). La prédiction de la présence de la MI au niveau de la jonction œsogastrique en utilisant le zoom était associé à une sensibilité assez bonne (71 % ([54 – 85] IC 95 %)) mais avec une spécificité fiable (37 % ([32 – 43] IC 95 %)).

La coloration virtuelle par NBI a pour principaux avantages la simplicité et la rapidité d’utilisation. Cependant, pour la détection de la MI résiduelle au niveau de la jonction œsogastrique, cette coloration semble avoir un rôle limité. Les biopsies de cette zone doivent donc systématiques, en complément des biopsies étagées réalisées selon le protocole de Seattle lors de la surveillance endoscopique. Les nouvelles techniques d’imagerie endoscopique microscopique in vivo, comme l’endomicroscopie confocale par minisonde, devront être évaluées dans cette indication et pourraient présenter l’avantage de cibler les biopsies en caractérisant plus précisément l’architecture glandulaire et la microvascularisation.