Endoscopy 2014; 46(02): 261
DOI: 10.1055/s-0034-1367518
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Commentaire de travail de Bing Hu et al., pp. 120

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Publication Date:
26 February 2014 (online)

 

Bing Hu, Tian-tian Wang, Jun Wu, Zhi-mei Shi, Dao-jian Gao, Ya-min Pan. Antireflux stents to reduce the risk of cholangitis in patients with malignant biliary strictures: a randomized trial.

Commentaires: Edouard Chabrun, Laurent Heyries, Gilles Lesur, Laurent Palazzo, Gabriel Rahmi

Cet article a pour objet l’étude d’une prothèse biliaire métallique équipée d’une valve anti-reflux. Les prothèses biliaires métalliques sont actuellement le standard du traitement palliatif de l’ictère néoplasique. Parmi les complications de ces prothèses figure le reflux alimentaire par la béance papillaire qui peut se compliquer d’angiocholite et/ou d’obstruction prothétique. Cette complication est diversement rapportée (6.5–22 %) mais semble concerner 30 % des patients de cette équipe chinoise. Il faut distinguer cette complication de l’obstruction prothétique: il s’agit d’une angiocholite régressive sous antibiotiques sans avoir à désobstruer la prothèse.

Cet essai prospectif a été mené de 2007 à 2012 sur 112 patients présentant un obstacle biliaire néoplasique (hors cancer du hile), randomisés entre une prothèse biliaire non couverte et une prothèse biliaire partiellement couverte avec valve anti-reflux. L’objectif était d’évaluer la fréquence de l’angiocholite à 12 mois dans les 2 groupes: il existait significativement (rapport ½) moins d’épisode dans le bras anti reflux par rapport au traitement de référence (10 vs 21 patients (p=0.035). La durée médiane de perméabilité de la prothèse était également plus allongée (13 vs 10 mois). Cependant la survie était similaire dans les 2 groupes (8.5 mois).

Il s’agit d’un essai original mené à Shanghai. Le principal intérêt de ce type de prothèse semble être la réduction du risque d’angiocholite. Cependant, cette complication ne semble pas si fréquente dans la pratique. On peut se demander si une antibiothérapie n’est pas plus économique que la mise au point d’un nouveau type de prothèse. Les auteurs rapportent également une durée de perméabilité de la prothèse plus longue mais la couverture partielle pourrait expliquer cette différence, les prothèses totalement couvertes ayant montré leur supériorité sur les prothèses non couvertes dans ce domaine. Les auteurs proposent un autre essai comparant les prothèses avec valve anti-reflux aux prothèses totalement couvertes.