Endoscopy 2014; 46(07): 732
DOI: 10.1055/s-0034-1377775
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Commentaire de travail de Chadwick G. et al., pp. 553

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Publication Date:
30 July 2014 (online)

 

Georgina Chadwick, Oliver Groene, Jonathan Hoare, Richard H. Hardwick, Stuart Riley, Tom D. Crosby, George B. Hanna, David A. Cromwell. A population-based, retrospective, cohort study of esophageal cancer missed at endoscopy

La découverte d’un cancer de l’œsophage chez un sujet récemment exploré par endoscopie oeso-gastro-duodénale n’est malheureusement pas exceptionnelle. Chadwick et al. présente une étude de population, rétrospective, portant sur les cancers de l’œsophage “manqués” à l’endoscopie dans les 3-36 mois précédant le diagnostic de cancer. Cette étude a été menée durant un an, d’avril 2011 à mars 2012. Les auteurs ont inclus 6943 nouveaux cas de cancer de l’œsophage enregistrés sur deux bases de données nationales (NOGCA et HES) anglaises. Les résultats sont assez inquiétants puisque 7,8 % des patients chez lesquels le diagnostic de cancer de l’œsophage est posé ont bénéficié dans les trois ans précédant le diagnostic d’une endoscopie digestive haute. Il s’agit plus particulièrement de cancers classés T0 ou T1 comparés aux cancers classés T2 ou plus, et de cancers situés dans le tiers supérieur de l’œsophage. Un autre élément important apparaissant dans l’étude est le pourcentage très élevé d’ulcérations œsophagiennes antérieurement diagnostiquées chez les patients porteurs d’un cancer de l’œsophage dans cette série, atteignant 48 %. Ces résultats suggèrent plusieurs réflexions. La première est le taux élevé (7,8 %) de cancer de l’œsophage “manqués” à l’endoscopie oeso-gastro-duodénale. Cependant, si l’on considère que 48 % des patients présentaient une ou plusieurs ulcérations œsophagiennes à la première endoscopie, il est clair que ces malades n’ont pas bénéficié de la surveillance endoscopique adaptée. En effet, une endoscopie de contrôle est largement recommandée à 8 semaines lorsqu’un ulcère œsophagien est découvert. D’autre part, il se peut que ces ulcères aient été suspects d’emblée et malgré ce fait n’aient pas bénéficié de biopsies dans un premier temps. Ce résultat souligne également l’importance du terrain lors de l’endoscopie digestive haute, l’endoscopie devant systématiquement être associée à une coloration vitale au lugol pour les patients alcoolo-tabagiques aux antécédents carcinologiques ORL, et à une coloration NBI a minima pour les patients présentant un œsophage de Barrett. En effet, les auteurs mettent l’accent sur la présentation endoscopique d’un cancer de l’œsophage qui peut consister au stade T0 ou T1 en une simple différence de coloration muqueuse pouvant facilement passer inaperçue lors du retrait de l’endoscope. Ceci est particulièrement vrai pour les lésions du tiers supérieur de l’œsophage, notamment lors des examens sans anesthésie générale. La principale faiblesse de l’étude est son caractère rétrospectif, mais il s’agit d’une étude de population qui donne malgré tout des résultats intéressants permettant de réfléchir à nos pratiques.