Endoscopy 2019; 51(03): S29
DOI: 10.1055/s-0039-1680899
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Georg Thieme Verlag KG Stuttgart · New York

Prise en charge endoscopique des sténoses bénignes de l'oesophage

E Bel Hadj Mabrouk
1  Tunis, TUNISIE
,
S Ayadi
1  Tunis, TUNISIE
,
M Ayari
1  Tunis, TUNISIE
,
Y Zaimi
1  Tunis, TUNISIE
,
K El Jeri
1  Tunis, TUNISIE
,
Y Said
1  Tunis, TUNISIE
,
L Mouelhi
1  Tunis, TUNISIE
,
R Debbeche
1  Tunis, TUNISIE
› Author Affiliations
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Publication History

Publication Date:
12 March 2019 (online)

 

Introduction:

Les sténoses bénignes de l'oesophage sont plus rares que les sténoses d'origine néoplasique. La fibroscopie oeso-gastroduodénale (FOGD) permet généralement de poser le diagnostic étiologique. Le traitement de choix est la dilatation endoscopique. Son objectif principal est la disparition ou au moins l'amélioration de la dysphagie. L'examen est souvent simple, sûr et bien toléré. Nous proposons dans ce travail de rapporter l'expérience de notre centre dans la prise en charge endoscopique des différentes étiologies des sténoses bénignes de l'oesophage.

Patients et Méthodes:

C'est une étude rétrospective sur une période de 17 ans, colligeant tous les patients ayant été admis dans notre service pour prise en charge d'une sténose oesophagienne bénigne. Les techniques utilisées sont les bougies de Savary-Gilliard pour les sténoses peptiques, post radique, caustique et dans le syndrome de Plummer Vinson, et les ballonnets pneumatiques dans l'achalasie.

Résultats:

129 patients ont été colligés. Le sex ratio H/F était de 0,9. L'âge moyen de nos patients était de 50 ans avec des extrêmes de 14 à 88 ans. Un tabagisme actif a été retrouvé chez 35,5% des malades. Sur le plan clinique, la dysphagie présente dans 94,7% des cas, et elle était associée à une altération de l'état général dans 36,8% des cas. 3,9% des malades étaient aphagiques lors de la consultation initiale. Les symptômes évoluaient en moyenne depuis 22 mois (1 – 144 mois). Les étiologies des sténoses étaient: l'achalasie dans 52,7% des cas suivie par la sténose peptique dans 41,8%. Les autres étiologies étaient la sténose post radique (n = 3), le syndrome de Plummer Vinson (n = 3) et la sténose caustique (n = 1). La FOGD a montré une sténose infranchissable au niveau du 1/3 inférieur de l'oesophage chez 84,9% des patients, au niveau du 1/3 moyen chez 9,5% des patients et au niveau du 1/3 supérieur chez 3,9% des patients (n = 5). La stase oesophagienne était retrouvée chez 40,8% des malades. Le nombre de dilatations était de 2 en moyenne (1 – 4 dilatations). 4 cas de complications sont survenues: perforation oesophagienne suite une dilatation pneumatique sur achalasie (n = 1), 3 cas d'hémorragies sur oesophagite peptique (n = 1), post radique (n = 1) et achalasie (n = 1). Une récidive de la symptomatologie était retrouvée chez 25% des patients avec un délai moyen de 21 mois (1 – 84 mois). Le recours à la chirurgie est survenu chez 14,7% des patients; immédiatement suite à une perforation oesophagienne (n = 1) ou ultérieurement suite à l'échec de la dilatation endoscopique.

Conclusion:

La dilatation oesophagienne est le premier traitement des sténoses bénignes de l'oesophage. La procédure est souvent très bien tolérée. Cependant, des complications peuvent survenir quand la prise en charge est différée. De ce fait, la dilatation endoscopique devrait être proposée et réalisée dès le début de la dysphagie afin d'avoir un meilleur résultat et ainsi réduire la morbidité de ces actes.