Endoscopy 2014; 46(02): 260
DOI: 10.1055/s-0034-1367515
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Commentaire de travail de Pouw et al., pp. 105

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Publication Date:
26 February 2014 (online)

 

Roos E. Pouw, Mike Visser, Robert D. Odze, Carine M. Sondermeijer, Fiebo J. W. ten Kate, Bas L. A. M. Weusten, Jacques J. Bergman. Pseudo-buried Barrett’s post radiofrequency ablation for Barrett’s esophagus, with or without prior endoscopic resection.

Commentaires: Edouard Chabrun, Laurent Heyries, Gilles Lesur, Laurent Palazzo, Gabriel Rahmi

L’endobrachyoesophage (EBO) peut se compliquer d’une dysplasie de bas grade et/ou de haut grade, et peut évoluer vers un adénocarcinome. La radiofréquence œsophagienne est un traitement endoscopique de l’EBO dysplasique. Ce traitement a montré son efficacité en termes de réponse complète pour la métaplasie intestinale et pour la dysplasie, à court et long terme. Il est associé à une diminution du risque de progression de l’EBO vers le cancer. Le suivi endoscopique après destruction, même complète, de l’EBO est indispensable en raison de la possibilité de récidive. Cette récidive pourrait être liée à la persistance de glandes enterrées sous le néo-épithélium après radiofréquence. La prévalence des glandes enterrées varie en fonction des études. Leur définition histologique est la présence d’un épithélium glandulaire recouvert par un épithélium malpighien, sans contact avec la lumière œsophagienne.

Pouw et al. se sont intéressés aux glandes enterrées décrites par le pathologiste au sein des ilots résiduels d’EBO de moins de 5 mm. Ils ont ainsi analysés les biopsies de 69 patients consécutifs suivis pour un EBO traité par radiofréquence, précédée ou non d’une résection muqueuse. Sur 2515 biopsies du néo-épithelium avec un aspect macroscopique normal, des glandes enterrées étaient présentes dans 0,1 %. Les biopsies des petits îlots résiduels d’EBO ont montré des glandes enterrées dans 21 % des cas. Il s’agit en fait de “pseudo glandes enterrées” correspondant à la juxtaposition de l’épithélium glandulaire au niveau de l’îlot d’EBO et de l’épithélium malpighien adjacent. Les auteurs expliquent que les biopsies des petits îlots d’EBO, peuvent emporter un fragment d’épithélium malpighien adjacent, soit parce que cet épithélium recouvre partiellement l’épithélium glandulaire, soit en raison de la position tangentielle de la pince à biopsie dans la lumière œsophagienne étroite. Cette étude met donc en évidence le risque de faux positif des biopsies faites sur les ilots d’EBO.

Lors de la surveillance endoscopique des patients traités par radiofréquence, l’analyse de la muqueuse œsophagienne doit donc être minutieuse afin de réaliser des biopsies sur le neo-épithelium et non sur les îlots résiduels d’EBO, qui seront détruits au cours du suivi endoscopique.