Endoscopy 2014; 46(04): 371
DOI: 10.1055/s-0034-1367545
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Commentaire de travail de Li et al., pp. 282

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Publication Date:
26 March 2014 (online)

 

Zhen Li, Xiu-Li Zuo, Tao Yu, Xiao-Meng Gu, Cheng-Jun Zhou, Chang-Qing Li, Rui Ji, Yan-Qing Li. Confocal laser endomicroscopy for in vivo detection of gastric intestinal metaplasia: a randomized controlled trial.

La métaplasie intestinale (MI) de l’estomac est une condition pré-cancéreuse largement reconnue du cancer de l’estomac. Son diagnostic repose actuellement sur l’endoscopie en lumière blanche avec réalisation d’au moins 5 biopsies systématiques (2 dans l’antre, 2 dans le fundus et 1 au niveau de l’angulus). Cependant, le risque de méconnaître la présence de MI en lumière blanche avec ce protocole biopsique reste important en raison du risque d’erreur d’échantillonnage. Afin d’améliorer le rendement diagnostique de l’endoscopie et de cibler les biopsies sur les zones suspectes de MI, différentes techniques d’imagerie endoscopique ont été proposées: colorations réelles ou électroniques, zooms et endomicroscopie confocale (EMC). En particulier, l’EMC semble intéressante puisqu’elle à la fois d’obtenir une vision sub-cellulaire de la muqueuse et d’échantillonner rapidement un grand nombre de zones dans l’estomac. Elle reste cependant très peu évaluée dans cette indication et ses performances restent à déterminer par rapport à celles d’un examen standard. Pour répondre à cette question, Li et al. ont randomisé et évalué 168 patients ayant une indication d’endoscopie haute en 2 groupes: groupe A (n = 85) ayant un examen en EMC (système Pentax) avec biopsies ciblées uniquement, ou groupe B (n = 83) ayant l’examen de référence en lumière blanche avec biopsies systématiques. Tous les examens étaient réalisés par une seule endoscopiste, en aveugle du contexte clinique ou histologique, et ayant une grande expérience en EMC. Les résultats de l’étude sont en faveur de l’EMC puisque le rendement diagnostique du groupe A était supérieur à celui du groupe B en ce qui concerne le nombre de patients ayant de la MI gastrique, non seulement tous stades confondus (45 % vs 33 %) mais également classés dans les stades plus sévères OLGIM III-IV (21 % vs 4 %). Outre un meilleur rendement diagnostique, l’EMC permettait de diminuer très significativement le nombre de biopsies, de l’ordre de 68% par patient. Enfin, les concordances inter- et intra-observateur étaient excellentes, respectivement de 0,899 et 0,909. La durée de l’examen était similaire dans les 2 groupes. Cette étude confirme donc les résultats de l’étude précédente (réalisée par le même groupe) sur 53 patients, avec un échantillon plus important et avec un schéma d’étude randomisé et contrôlé. On peut néanmoins se demander à quel point ces résultats sont dépendants de l’expertise acquise dans ce centre, et s’ils sont transposables à une pratique clinique plus large. Surtout, la limite principale de cette étude, réalisée dans une population enrichie, est le fait que le groupe standard était examiné avec un appareil de résolution assez limitée par rapport aux standards actuels. Dès lors, il apparaît nécessaire de faire une étude comparant l’EMC, technique effectivement prometteuse dans cette indication, à un véritable bras standard en haute résolution, idéalement couplé à des techniques de coloration, afin de déterminer le degré de gain diagnostique obtenu avec l’EMC.