Endoscopy 2014; 46(10): 914
DOI: 10.1055/s-0034-1389742
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Commentaire du travail de PH Zhou et al., pp. 836

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Publication Date:
01 October 2014 (online)

 

Ping-Hong Zhou, Brigitte Schumacher, Li-Qing Yao, Mei-Dong Xu, Thomas Nordmann, Ming-Yan Cai, Jean-Pierre Charton, Michael Vieth, Horst Neuhaus. Conventional vs. waterjet-assisted endoscopic submucosal dissection in early gastric cancer: a randomized controlled trial.

Commentaires: Emmanuel Coron, Gabriel Rahmi, Magalie Vincent, Franck Chollet, Gabriel Rahmi, Gilles Lesur, Laurent Heyries

Initialement développée au Japon, la dissection sous-muqueuse (DSM) est devenue le traitement de choix des tumeurs gastriques superficielles étendues car elle permet un taux élevé de résection monobloc (et donc une analyse histologique optimale) et curative. L’apprentissage de la DSM, qui demande plus de temps et qui s’accompagne de plus de complications que la mucosectomie, est plus difficile en Europe où les lésions gastriques sont moins fréquentes. Il est donc important de développer du matériel pouvant simplifier cette procédure. Dans cette étude prospective randomisée bi-centrique (Allemagne et Chine), les auteurs ont comparé l’efficacité (définie par la durée de la procédure) de deux types de couteau pour la DSM de 117 tumeurs gastriques (adénomes ou adénocarcinomes superficiels bien différentiés < 60 mm, peu différentiés < 20 mm ou ulcérés < 30 mm). Un couteau (HybridKnife I-type ou T-type, Erbe, Germany) ayant la possibilité d’injecter des solutés avec une pression contrôlée grâce à une pompe dédiée (ERBEJet 2) a été comparé à un couteau classique (IT-2 knife, DualKnife, HookKnife, Olympus, Japan). Dans le groupe des patients traités avec le couteau permettant l’injection, la durée moyenne de la procédure était plus courte (27 ± 30 vs. 35 ± 22 minutes; p = 0,0008) et le recours à un autre instrument moins fréquent (1,4 ± 2 vs. 23 ± 15,4; p < 0,0001). Dans cette étude, les durées de procédure sont plus courtes que celles décrites dans la littérature mais il faut noter que l’enregistrement du temps n’a commencé qu’après le marquage de la lésion, les auteurs estimant que la comparaison entre les couteaux n’était intéressante qu’à partir de l’injection sous-muqueuse. Les autres critères étudiés étaient tous comparables : la taille moyenne de la pièce réséquée, le taux de perforation (2.5 % au total) ou d’hémorragie grave, le taux de résection curative R0 (90 %) et le taux de rémission complète à 3 mois. La localisation (60 % des cas dans l’antre) et le temps d’utilisation de la pince coagulante étaient identiques dans les deux groupes. Les procédures étaient plus rapides dans le centre chinois qui représentait 85 % des inclusions. Cette étude montre donc une diminution d’environ 20 % du temps de procédure grâce à l’utilisation d’un couteau à injection, sans perdre en efficacité ou en sécurité. Ceci s’explique par la possibilité d’injecter tout au long de l’examen sans avoir recours à une aiguille d’injection. En Europe, l’utilisation d’un couteau avec injection serait utile pour les endoscopistes dans leur courbe d’apprentissage et faciliterait la programmation d’une DSM en salle d’endoscopie, en permettant une procédure plus courte.