Endoscopy 2019; 51(03): S6
DOI: 10.1055/s-0039-1680850
Com Orales
Georg Thieme Verlag KG Stuttgart · New York

Prise en charge endoscopique de 345 tumeurs neuro-endocrines du rectum

C Fine
1  Lyon
,
M Pioche
1  Lyon
,
V Hervieu
1  Lyon
,
G Roquin
2  Angers
,
E Terrebonne
3  Pessac
,
T Lecomte
4  Tours
,
R Coriat
5  Paris
,
C Docao
6  Lille
,
L de Mestier
7  Clichy-la-Garenne
,
E Coffin
5  Paris
,
G Cadiot
8  Reims
,
P Niccoli
9  Marseille
,
V Lepilliez
1  Lyon
,
V Hautefeuille
10  Amiens
,
P Girot
11  La Roche-sur-Yon
,
FL Vélayoudom-Céphise
12  Pointe-à-Pitre
,
J Forestier
1  Lyon
,
T Walter
1  Lyon
› Author Affiliations
Further Information

Publication History

Publication Date:
12 March 2019 (online)

 

Introduction:

Les petites tumeurs neuroendocrines (TNE) du rectum sont de bons candidats à la résection endoscopique, à condition que celle-ci soit carcinologiquement complète (R0) et que le risque d'évolution métastatique soit faible. Cependant les résections endoscopiques doivent encore faire la preuve de leur efficacité. Nous avons donc mené une étude nationale multicentrique pour évaluer les résultats de la prise en charge endoscopique des TNE rectales initialement non métastatiques ≤2 cm.

Patients et Méthodes:

Les données cliniques, les résultats endoscopiques et anatomopathologiques de tous les patients atteints d'au moins une TNE rectale ≤2 cm non métastatique au moment du diagnostic, provenant de 16hôpitaux français, depuis janvier 2000 ont été analysés rétrospectivement.

Résultats:

329 patients (345 TNE rectales) ont été inclus, 330 TNE (96%) ont été prises en charge par des traitements locaux: 287 par endoscopie seule et 43 par endoscopie suivie d'une microchirurgie transanale (TEM). Le caractère neuroendocrine de la tumeur était suspecté sur l'aspect endoscopique dans seulement 18% des cas. Le taux final de R0 endoscopique était de 39% (134/345). Ce taux était de 24% (54/225) à l'issu de la première endoscopie mais s'améliorait après résections endoscopiques de sauvetage, atteignant respectivement 60% (60/100) et 77% (20/26) après la deuxième et la troisième endoscopie. Le taux de R0 était significativement associé à la technique endoscopique (90% pour les techniques avancées avec aspiration, ligature ou dissection sous muqueuse, 40% pour la mucosectomie et 17% pour la polypectomie), et non aux caractéristiques intrinsèques de la tumeur et du patient. Vingt patients ont présenté une évolution métastatique (ganglions lymphatiques et/ou métastases à distance), avec un risque accru en cas de taille tumorale ≥10 mm, de grade G2 – 3, de présence d'une invasion lymphovasculaire et d'un envahissement de la musculeuse.

Conclusion:

Les TNE rectales ne sont pas encore assez reconnues par les gastroentérologues et de ce fait, une résection de qualité (R0) n'est que rarement proposée en première intention. Les taux de résections R0 sont améliorés par l'utilisation des techniques de mucosectomie avancées ou de la dissection sous muqueuse.